Vilaines filles mauvais garçons : savons engagés

Tout comme l’univers de la mode, celui de la beauté, depuis peu, s’engage. L’année dernière, Lili Barbery-Coulon avait signé une enquête passionnante sur la politisation de marques de cosmétiques anglo-saxonnes. Si le phénomène ne s’est pas encore étendu à la France, certaines enseignes se démarquent par leur approche singulière de la beauté. C’est le cas de Vilaines Filles Mauvais Garçons, dont les savons se parent des profils de femmes qui ont marqué l’histoire.

Des figures féminines qu’on gagne à redécouvrir

Pour Sonia et Alexandra, tout a commencé il y a 18 mois. Les fondatrices de Vilaines Filles Mauvais Garçons ont travaillé « plus de 5 ans ensemble au sein d’une entreprise de création d’espaces multisensoriels à l’usage des personnes en situation de dépendance et de handicap (essentiellement enfants et personnes âgées) ». Puis est née l’envie de se retrouver autour d’un projet « qui [les] fasse vibrer, qui ait du sens et qui [leur] permette d’exprimer [leurs] aspirations créatives. Quelque chose qui mêle le fond et la forme ».
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©VFMG

Ainsi est née la marque de savons qui raconte des histoires : celles de femmes qui touchent les créatrices par leurs parcours, dont les noms ont été parfois oubliés, et qu’on gagne à redécouvrir. L’écrivaine Colette, l’aventurière Annie Londonderry, la danseuse (et pas que !) Isadora Duncan… Elles sont six, aujourd’hui, à orner de leurs profils ces savons à la composition clean. Six femmes dont Sonia et Alexandra dessinent les camées avant de les transmettre aux artisans savonniers avec qui elles travaillent.

Saponification à froid et ingrédients naturels

La composition des savons était un critère de bases pour les fondatrices de Vilaines Filles Mauvais Garçons. « Alexandra est très allergique, tous les produits cosmétiques ou presque lui sont interdits, saufs ceux issus de lignes pharmaceutiques peu portées sur l’esthétique et le plaisir », explique Sonia. Leurs savons, qui offrent l’occasion aux personnes réactives de s’offrir un bel objet, contiennent uniquement des ingrédients naturels et certifiés.

La grande majorité des savons commercialisés sont soit bourrés d’agents chimiques dont les effets sont soit douteux, soit trop décapants. Nos savons sont à la fois « fantaisie » et respectueux de  l’épiderme.
D’autre part, la saponification à froid (réalisée en France), est une méthode « peu gourmande en énergie » contrairement à celles employées pour la fabrication industrielle. En quoi ça consiste ? La saponification à froid est « un savoir-faire ancestral, une méthode délicate qui nécessite quelques ingrédients dosés et beaucoup de temps – quatre à six semaines de « cure » – contre quelques heures pour les savons industriels. Elle résulte du mélange d’huile végétales, de soude et d’eau, sans processus de chauffe qui dénature les ingrédients » et permet ainsi de conserver les bienfaits des colorants naturels et huiles essentielles qui rentrent dans la composition des savons. À la clé, des savons « surgras » car surdosés en certaines huiles pour être plus doux avec la peau.
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Savons Vilaines Filles Mauvais Garçons © L’Officine Bauloise

Désormais, les créatrices de la marque se préparent pour leurs prochains projets : « la première collection de garçons, des collaborations, puis la déclinaison sur d’autres supports que le savon ».

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©VFMG
P.S. : Pour ceux et celles qui se demanderaient, le nom de la marque vient d’une chanson de Serge Gainsbourg, interprétée entre autres par Pétula  Clark. Pour la petite histoire : « Elle est venue à nous fortuitement alors que nous travaillions, j’ai traité Sonia de « vilaine » elle s’est mise à fredonner cette chanson que je ne connaissais pas… nous l’avons écoutée et c’est devenu une évidence, nous tenions le nom de notre marque. Ce nom exprime parfaitement les préjugés dont ont pu être victimes tous ceux qui ont entrepris quelque chose et qui ont pu faire face aux quolibets ou pire; ce nom exprime également leurs parts d’ombres, leurs faiblesses parfois. Ce nom anticonformiste nous empêche par ailleurs de tomber dans la prétention de l’hommage trop appuyé. Nous espérons que nos savons sont précieux mais pas prétentieux » (Alexandra).

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