Margaux, au pas de course

Calme et douceur. La présence olympienne de Margaux force à baisser la voix d’un ton. Elle n’est pas de celles que la maternité a « apaisées » : elle était déjà paisible avant. C’est plutôt le contraire ; la naissance de Jeanne, en novembre 2016, l’a poussée à adopter un rythme effréné. Quelle y est la place de la beauté ?

Beauté : qu’est-ce que ça veut dire pour toi ?

Ça veut dire se sentir bien avec soi-même, s’aimer quand on se regarde dans le miroir… J’allais dire être féminine, mais en fait il y  a des femmes qui ne sont pas forcément féminines et que je trouve belles. Moi-même, je ne me considère pas comme super féminine. Ça passe par le bien-être, par le fait d’être en forme physiquement, de prendre soin de soi aussi.

On t’a transmis une vision de la beauté ?

J’ai eu deux visions différentes. Ma mère, qui est très naturelle et se maquille un petit peu aujourd’hui parce qu’elle vieillit et dit qu’elle est obligée, et ma grand-mère, Coco, qui était dans l’excès inverse. Quand j’allais chez elle, j’étais hyper impressionnée par le temps qu’elle passait dans la salle de bain, les produits qu’elle utilisait… En plus c’était de la marque, donc ces beaux packagings. Ça aussi ça me plaisait, mais plutôt en tant que petite fille, pour jouer. Mais le quotidien c’était ma mère, et plus le confort que l’esthétique.

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©MLB

Ta routine soin ?

Pour le corps c’est principalement l’huile. C’est ce qui m’a sauvé pendant ma grossesse, parce que mon ventre a très vite poussé. J’ai tout de suite utilisé Bi-Oil et je n’ai eu aucune vergeture sur le ventre. J’utilise aussi  L’Huile Prodigieuse depuis des années. Comme je ne porte pas de parfum, elle le remplace tout en hydratant la peau. J’aime bien l’huile White Forest de Björk & Berries, qui me rappelle mon voyage en Suède. Pour le visage, le matin, je pulvérise soit de l’eau de bleuet, soit de l’eau de rose, et j’éponge avec un coton lavable. Après je mets ma crème de jour, qui est en ce moment Multi Active Jour « Premières » Rides de Clarins. Elle est bien pour l’hiver ; pour le printemps et l’été, je prendrai un soin plus léger. Le soir, je me démaquille avec une huile végétale, de noisette ou autre. Comme j’utilise un mascara waterproof, il me faut quelque chose de gras. J’enlève l’excédent avec un coton lavable, et je finis de nettoyer avec la Créaline de Bioderma. Et quand j’ai besoin de nettoyer ma peau plus en profondeur, j’utilise le Doux Nettoyant Moussant de Clarins, qui sent trop bon. Après tu as l’impression d’être toute propre ! Mais je ne le fais pas tous les jours, sinon j’ai la peau trop sèche. Ensuite je mets  la Crème Nuit Énergisante de Sothys. Je change tout le temps de crème, quand j’en ai fini une j’en commence une autre. En fin de semaine, quand j’ai du temps parce que je viens de coucher Jeanne ou quand je sens que ma peau en a besoin, je fais un gommage et un masque. J’alterne entre le Masque Argile bleu Sephora ou le Masque Détox Vitaminé Nuxe.

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Les produits de Margaux ©MLB

Ta routine maquillage ?

Je commence par un gel contour des yeux. Là c’est le Hydra Sparkling Twinlling Eyes de Givenchy. Avant je n’avais pas du tout de marques de fatigue au réveil, mais maintenant j’ai les yeux gonflés si je n’ai pas assez dormi. Ensuite j’applique l’anti-cernes de Dr Hausckha avec l’embout mousse et j’étale au pinceau, puis je passe à la BB Cream. Je fixe avec la poudre transparente Sephora, elle unifie bien le teint. Ma terracotta d’amour… Ça c’est ma grand-mère, typiquement. Elle n’en a jamais changé. On a un peu la même carnation mate et c’est hyper difficile de trouver un blush ou une poudre de soleil qui nous va. Celle-ci est parfaite, en plus elle sent bon. Je l’applique avec un pinceau en faisant un « 3 ». img_2158Pour le mascara, je sais qu’on ne doit pas mettre beaucoup de couches, mais j’ai tendance à ne pas savoir m’arrêter (rires). Quand j’ai envie, je mets quelque chose sur mes lèvres. C’est souvent une teinte naturelle comme les embelliseurs de lèvres Clarins, mais quand je sors, je mets le Wonderful Cushion Red de Sephora.  J’aime bien l’odeur, j’aime bien l’embout, et j’aime bien le fait qu’il soit mat.

Un produit qui ne te quitte jamais ?

Ma terracotta. Même quand je pars et que je ne veux pas emmener grand-chose, je la prends avec moi.

Le matin c’est speed, j’ai appris à lâcher du lest : je vais souvent au travail sans être maquillée.

Une mise en beauté qui te donne confiance en toi ?

Quand j’ai le temps et que je mets un rouge à lèvres, je me sens bien. Malheureusement le matin c’est speed, donc j’ai appris à lâcher un peu de lest : je vais souvent au travail sans être maquillée.

À quel âge les produits de beauté sont entrés dans ta vie ?

Vers 11 ans, pour le côté marrant de tester avec les copines. Que ce soit avec ma cousine ou avec ma meilleure amie, Lucie, on a testé beaucoup de choses (rires). On allait dans les supermarchés et on achetait plein de conneries. On a testé beaucoup de crèmes, beaucoup de manières de s’épiler, des colorations… que des choses que je n’utilise plus aujourd’hui. Il y avait un Monoprix en bas de chez moi où on se retrouvait après les cours avec Lucie et où on allait acheter des trucs avec notre argent de poche. C’est plutôt vers 18 ans que j’ai commencé à avoir une vraie routine

Ton premier achat beauté ?

Les premiers produits qui m’ont fait envie, c’étaient les gloss roll-on. Tu avais les lèvres « effet mouillé, avec des goûts complètement chimiques…

La cellulite, les cernes… Ce sont des contraintes exclusivement féminines dans lesquelles on nous enferme.

Cosmétiques : prison ou pouvoir ?

Pour moi c’est un peu une prison, parce qu’une fois qu’on est rentré dedans, c’est très compliqué de faire sans. Tout nous pousse, en tant que femme, vers ça. On grandit avec ça, on se crée une image avec ces cosmétiques.. Je ne me vois pas tout arrêter et me laver uniquement avec du savon de Marseille. Donc quelque part, c’est une contrainte et je l’ai beaucoup sentie quand j’ai eu Jeanne parce que je n’avais plus le temps de le faire et je ne me sentais pas bien, ça jouait sur mon moral. J’avais très envie de retrouver ça, comme une addiction, sauf que je n’avais vraiment pas le temps. Et puis l’épilation aussi, c’est une contrainte. La cellulite, les cernes… Ce sont des contraintes exclusivement féminines dans lesquelles on nous enferme.

Tu te sens femme ?

Oui. J’ai vécu dans un monde de filles, avec principalement ma mère et mes soeurs. J’ai eu, très tôt, des images de femme que j’ai admirées : ma grand-mère, qui était une femme divorcée, ma mère aussi… Elles ont dû tout beaucoup gérer toutes seules. Ma mère, par exemple, je l’admire et cette image est ancrée en moi. Me sentir femme, c’est encore plus évident depuis que j’ai eu un enfant. J’ai eu la chance de pouvoir la porter, d’accoucher comme je le voulais. Aujourd’hui, j’essaie de gérer mes différentes vies et je pense que c’est l’apanage de nombreuses femmes. Il y a quand même des différences entre les hommes et les femmes dans la gestion des enfants, ça me saute aux yeux.

 ©MLB

On naît femme ou on le devient ?

On le devient. Par l’éducation qu’on nous donne. J’essaie de faire attention à la façon dont je parle à Jeanne, aux étiquettes qu’on peut mettre facilement à des petites filles comme à des petits garçons, aux jeux que je lui propose… À l’école ça joue énormément. Je bosse avec des enfants et je me rends compte que sans y prêter attention, les animateurs ou les instits vont un peu les « cataloguer » : mettre les filles dans des cases, les garçons dans d’autres. De cette manière, le problème se perpétue et c’est comme ça que des différences se créent. Souvent, quand tu es une fille, tu n’as pas les mêmes libertés que quand tu es un garçon, tu te rapproches de tes pairs, donc tu crées une sorte de clan… C’est là que j’ai découvert les aspects plus « féminins » avec les produits de beauté, les sacs. Et après, dans les relations que tu as avec des garçons, les rôles sont quand même bien définis. Quand tu es ado, c’est souvent les garçons qui viennent te draguer, et tu minaudes alors que c’est pas du tout ton caractère. C’est comme un personnage que tu joues.

Jeanne est la suivante, j’essaie de faire bouger les choses à mon échelle. Je fais attention à certaines choses comme je te l’ai dit, je demande à Raf (le père de Jeanne, ndlr) de faire des efforts pour qu’elle n’ait pas une vision de la mère qui ne fait que le ménage et la cuisine. Après, le temps que je passe avec elle est plus conséquent, le temps passé aux tâches ménagères aussi… Donc tout ne peut pas changer comme ça. J’ai le sentiment d’avoir plus de responsabilités et de prérogatives que Raf. Quand je ne passe pas de temps avec elle, il y a une certaine culpabilité. Et quand je la laisse à son père, comme hier où j’ai passé la journée au hammam avec des copines, je lui demande comment s’est passée la journée en détail, comme si je l’avais laissée en garde. Peut-être que c’est moi qui m’impose des choses, mais il y a des moments où je réalise que je m’organise différemment de Raf pour pouvoir faire le maximum pour elle, alors que pour lui ce n’est pas forcément le cas.

Tu penses que tu aurais eu le même parcours si tu avais été un homme ?

Non, je ne pense pas. Peut-être qu’on m’aurait donné plus confiance en moi si j’avais été un garçon, peut-être que j’aurais été plus loin dans ce que je voulais faire. Je ne suis pas dans une famille où on te dit que ce que tu fais est génial, où on t’encourage… J’ai été dans une famille très aimante hein, mais on n’en fait pas trop. Si j’avais été garçon, j’ai l’impression que mon père m’aurait plus encouragée.

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Si tu avais pu choisir ton sexe, tu serais un homme ou une femme ?

J’aurais peut-être choisi d’être un garçon. Parfois je jalouse un peu leur esprit de bande. Entre filles, il y a des côtés un peu « peste » que je n’aime pas. Ils ont un esprit plus soudé, sont plus fidèles entre eux. Je pense aussi que tu as moins de contraintes de la vie quand tu es un homme, donc plus de possibilités. Par exemple, j’ai toujours rêvé de vivre à l’étranger. Mais avec ma mère et ma soeur, avec qui on est très « clan », je ne me voyais pas le faire. Peut-être que si j’avais été un garçon, j’aurais justement voulu quitter ce « clan » parce que ça m’aurait saoulée (rires) ! En même temps j’ai adoré être enceinte et je suis contente d’être une femme pour ça, ça a été un événement hyper marquant de ma vie. En fait je crois que je dis que j’aurais aimé être un garçon juste pour voir la différence, au fond je ne suis pas mécontente d’être une fille.

Qu’est-ce qui te manque aujourd’hui en tant que femme ?

Je manque de temps. Je suis tout le temps en train de courir. Je me lève le matin (et encore j’ai de la chance parce que Jeanne dort encore), il faut que je prenne mon petit-déjeuner, que je me prépare avant de la lever parce que sinon après ce n’est plus possible, je l’habille, je l’emmène à la crèche, je file au boulot à vélo, je fais ma journée où j’ai plein de choses à gérer parce que beaucoup de personnes comptent sur moi, et le soir c’est presque chronométré. Je file à vélo, je récupère Jeanne, on prend le bain, elle mange, on joue un petit peu et elle va se coucher.

À ce moment-là il est 20h, et il me reste plein de choses à gérer avant le lendemain. Comme j’ai besoin de beaucoup de sommeil, je tombe rapidement, et les journées s’enchaînent. Ça va de mieux en mieux parce que Jeanne est de plus en plus autonome, mais c’est quand même la course.

Qu’est-ce que tu aimerais voir changer en faveur des femmes ?

J’aimerais bien que les hommes continuent à prendre plus de place dans le couple et quand ils ont des enfants, que ce soit plus logique qu’ils aménagent leur temps de travail, donc que ce ne soit pas toujours à la femme de le faire. Et que le mec qui fait ça ne passe pas pour un illuminé. Il y en a, mais ils sont peu nombreux. Que ça rentre plus dans les moeurs et que ça s’égalise un peu plus entre les hommes et les femmes. Et si les femmes veulent continuer à évoluer dans leur carrière, que les enfants ne soient pas un frein.

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