Sarina portrait une touche

Sarina Lavagne, le goût du beau

Son débit est rapide mais ses mots choisis avec attention. Sarina Lavagne a mille idées à la minute, qu’elle organise et déroule dans un discours aussi enthousiaste que pertinent. L’une d’entre elle l’a propulsée dans la lumière deux ans plus tôt : Prescription Lab, une box beauté haut de gamme. Après un parcours dans les règles de l’art dans le développement marketing chez plusieurs marques prestigieuses, Sarina s’est lancée dans cette aventure en imaginant une offre qui n’existait pas jusqu’alors. Une sélection de produits à la composition plutôt naturelle à recevoir chez soi, des marques pointues (REN, Les Huilettes, Sachajuan…), le tout accompagné d’un magazine bien pensé et d’une philosophie selon laquelle la beauté ne doit être ni exigeante, ni purement cosmétique, mais résulter d’un équilibre entre l’image et le bien-être de l’esprit. Depuis un an, Prescription Lab est aussi une marque à part entière. Sarina et son équipe ont imaginé une gamme de soin et de maquillage élaborés majoritairement à partir d’ingrédients naturels. Les ingrédients sont rigoureusement sélectionnés, les formules sont respectueuses de la peau. Mais Sarina ne se limite pas à la beauté. Féministe convaincue, elle aime à rappeler qu’elle gère un « vrai business », là où les hommes voient parfois une démarche futile. Je vous laisse découvrir sa vision inspirante de la beauté, de la femme et du rapport au genre.

Beauté : qu’est-ce que ça veut dire pour toi ?

Dans l’idée de beauté, pour moi, il y a une idée d’harmonie et de création inspirante. J’aime bien les choses qui flattent l’œil, qui sollicitent l’imagination.

On t’a transmis une vision de la beauté ?

Mes parents étaient assez amateurs d’art. J’ai fréquenté des musées depuis toute petite et j’aime moi-même beaucoup la peinture.

À quel âge les produits de beauté sont entrés dans ta vie ?

Très tôt. Je me rappelle d’un petit gloss saveur pêche, l’été de mes 7 ou 8 ans à Nice, chez ma grand-mère. Et j’ai toujours adoré lire les packagings.

Ta routine soin ?

Je ne savonne jamais mon visage dans la douche. C’est quand j’en sors, quand mon visage est encore humide, que je mets la Lotion Nettoyante Apaisante Prescription Lab ou une eau florale. Ensuite je mets un sérum  – en ce moment je teste ceux de Sulwhasoo. Une fois que le sérum est absorbé, je mets la crème de jour, Sulwhasoo aussi. Le soir je me démaquille en deux temps. J’utilise le Baume Démaquillant Prescription Lab, que je fais suivre d’un tonique floral. Ensuite j’alterne un soir sur deux entre une huile et un sérum. Je fais un masque une fois par semaine. Récemment, j’ai essayé un masque Paï éclat minute, orange, très sympa, je le referai. Et la semaine dernière celui de Fresh aux vitamines et aux agrumes, il est canon et ma peau était vraiment belle après.

Ta routine maquillage ?

C’est une routine de maman pressée. Je mets le fond de teint Cushion Capture Dream Skin de Dior, avec se petite éponge, hyper facile et rapide à appliquer. Je tapote ensuite l’highlighter crème Prescription Lab cuivré sur le haut des joues pour sculpter les pommettes avec naturel. J’applique pas mal de mascara en faisant des « z » avec la brosse. En ce moment j’utilise le dernier de Prescription Lab, qui nourrit les cils sans les alourdir. Et parfois, je un trait de liner noir ou un coup de crayon. Ceux de By Terry sont tops.

Une mise en beauté qui te donne confiance en toi ?

Oui. Charger le mascara et un rouge à lèvres rouge. Ça fait power woman, tu te sens sexy et en même temps très en contrôle.

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Ma philosophie, celle de Prescription Lab et de mon équipe, c’est « Up to you ».

Cosmétiques : prison ou pouvoir ?

Pouvoir. Mais tellement ! Mais en vacances et en week-end, je peux ne rien porter. Je le vis comme une libération. C’est génial, quand tu es une femme, de pouvoir augmenter ta beauté, son capital. On peut changer de personnalité avec son make up. Ça donne une souplesse. Quand tu es un mec, tu n’as pas tout ça. Ma philosophie, celle de Prescription Lab et de mon équipe, c’est « Up to you » : on n’est pas sur une beauté qui demande, qui exige. L’important est de s’aimer, d’être bien dans sa peau , d’où notre devise « Love your skin, reveal yourself ».

Tu te sens femme ?

Oui. Je me suis toujours sentie femme dans la mesure où j’ai toujours été assez féministe. Ça s’est accéléré en vieillissant, et le fait d’être maman joue aussi. J’ai plus de copines filles que de copains mecs. Je suis une fille à filles.

On naît femme ou on le devient ?

Les deux. Je pense qu’on naît femme, c’est physiologique. Il y a tes cycles, qui jouent sur ton humeur, sur ta vie de couple, ton idée de la fertilité … Donc on naît femme, mais c’est dans le temps qu’on en prend conscience. Quand tu te travailles depuis un certain temps, tu te dis « je veux des hauts postes », et  tu te rends compte qu’il n’y a que des mecs ; « je veux un fucking salaire », et tu te rends compte que ce sont les mecs qui les prennent ; je veux de la crédibilité sans qu’on me dise « salut la beauté, comment ça va ? » alors que non, je ne suis pas « la beauté », je suis un vrai business. Tu te rends compte aussi, plus tard, de choses qui n’incombent qu’aux femmes : des histoires de femmes battues, des nanas qui se disent à 40 ans qu’elles n’auront jamais de mec et jamais d’enfant, d’autres qui savent que leur mec les trompent mais restent parce qu’elles ont lâché leur boulot pour élever les gamins…

Tu aurais eu le même parcours si tu avais été un homme ?

Ah non, pas du tout. Petite, je voulais être archéologue, puis agent secret. Je ne sais pas si je me serais intéressée au monde de la beauté, en tout cas je pense que j’aurais été dans le beau.

Virilité et féminité : qu’est-ce que ça t’évoque ?

Virilité, dans tout son côté positif, c’est quelque chose qui est fort, qui avance, qui rassure et qui est stable. La féminité, je la vois plus dans le dialogue, dans la douceur, dans l’intellect, dans les artifices, dans le sentiment… Probablement parce qu’historiquement, les femmes restaient à la maison dialoguer pendant que les hommes partaient chasser le mammouth. À l’heure actuelle, il faut réinventer le dialogue entre les sexes pour que ces aspects, au lieu d’être en opposition, viennent nourrir l’autre, dans un couple par exemple, et ne soient plus des cases immuables.

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On est les instruments de notre libération.

Si tu avais pu choisir ton sexe, tu serais homme ou femme ?

Femme. C’est difficile, je ne connais pas l’autre. Ça aurait été une autre époque, j’aurais répondu « homme ». Tout au long de l’Histoire, c’est mieux d’être un homme. Pendant longtemps, les femmes avaient le poids du mariage, de la fertilité… Mais dans plein de pays encore, tu pleures quand tu donnes naissance à une fille ! Les femmes sont les premières à asservir les femmes avec des histoires de dot, de virginité avant le mariage, etc. Il faut qu’on arrête : on est les instruments de notre libération.

Qu’est-ce qui te manque aujourd’hui en tant que femme ?

En ce moment, parce que je grandis « toute seule », tant avec mon entreprise qu’avec mon équipe, j’adorerais avoir un mentor. Les mecs ont beaucoup ça. J’aimerais qu’une femme se tourne vers moi et me dise : «Ton cas m’intéresse, j’ai fait une belle carrière, viens je te prends sous mon aile et je vais te coacher ». Le milieu du business est tellement dur que le peu de femmes qui ont réussi ont réussi toutes seules et elles n’ont pas l’habitude de faire ces démarches. Sur le reste, je n’ai pas à me plaindre. Mais je vois beaucoup, autour de moi, des femmes victimes de la pression sociale quant au fait d’avoir des enfants. Les hommes ne vivent pas ça.

Qu’est-ce que tu aimerais voir changer en faveur des femmes ?

L’égalité des salaires. Plus de crèches. J’aimerais bien – et je me l’applique à moi aussi – qu’on arrête de juger les femmes au foyer. J’aimerais que toutes les femmes puissent choisir librement leur sexualité, leur contraception. La clé est là en fait : c’est l’entrée de ton vagin. Je souhaite aux femmes d’avoir des putain de carrière et des putain de jobs. Alors ça y est, c’est en train de venir. Il y en a toujours eu mais c’étaient des exceptions. Il faudrait un congé paternité plus long. Un congé maternité à l’issue duquel tu n’es pas placardisée. Que les femmes entre elles ne se voient pas comme des rivales. En plus on vit plus longtemps que les hommes, à la fin on sera toutes ensemble, autant bien s’entendre !

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