Laurianne Roda, fondatrice de Bomoki

À la naissance de son fils, Laurianne, designer, a décidé de quitter Paris pour une vie plus au vert à un jet de pierre de Fontainebleau. Ce déménagement a été un déclic : elle qui rêvait depuis longtemps de créer un projet en lien avec les enfants a allié son amour des motifs Art Déco à son nouveau cadre de vie en imaginant Bomoki. La marque, qui vient de voir le jour, se compose de deux gammes. D’un côté, du papier peint, de l’autre,  des accessoires pour enfant, tous habillés de motifs inspirés de la faune et la flore de la forêt de Fontainebleau.

AVANT J’ai eu un déclic pour tout ce qui était artistique quand j’étais en 4e.J’ai la chance d’avoir des parents qui m’ont soutenue dans mes choix et m’ont accompagnée dans tout mon parcours. J’ai fait les Arts Appliqués, puis je me suis spécialisée dans le design produit, dont je suis rapidement sortie pour m’initier à d’autres choses. J’e suis entrée aux Arts Déco de Strasbourg, et là j’ai eu une révélation. J’ai fait aussi bien de la sérigraphie que du livre, et ce pendant trois ans où j’ai appris le vrai processus de création. J’ai ensuite fait un stage chez un designer à Lisbonne. Ça a été une expérience incroyable. J’aurais adoré y rester, mais il y avait peu d’opportunités. Je suis revenue à Paris où, dans une agence, j’ai fait aussi bien de la scénographie que du design produit, toujours pour une clientèle haut de gamme. Toutes ces expériences m’ont permis d’intégrer le pôle créatif de Saguez & Partners, dont je suis ressortie directrice de la création. Et chacune d’entre elles m’a permis d’acquérir des bases solides pour créer Bomoki.

LE DÉCLIC Il y a quelques années, j’ai commencé à avoir envie de créer des choses pour enfants. En réalité, ça a toujours été une préoccupation. Pendant mes études à Strasbourg, j’avais travaillé sur un projet (des costumes et des livres) qui permettait aux enfants malvoyants de jouer avec des enfants voyants. J’ai eu mon fils en 2014, et ça n’a fait que nourrir cette envie. Mais l’offre destinée aux enfants est pléthorique, donc je me suis rapidement demandé comment me différencier des produits existants. En 2016, j’ai opéré un  changement de vie avec le projet Bomoki en tête et la volonté d’offrir à mon fils un autre cadre de vie. Je me suis lancée en freelance pour le travail, ce qui nous a permis de nous installer près de Fontainebleau.

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LE PROJET C’est en arrivant à Fontainebleau qu’est venue l’inspiration pour me démarquer : j’ai décidé d’imaginer des motifs inspirés de la faune et la flore de la forêt de Fontainebleau – dont les influences sont plutôt Art Déco – déclinés sur papier peint et sur textile. À mon sens, le papier peint est un élément de décoration, comme un tableau, qui va souligner un aménagement existant et non pas recouvrir tous les murs. L’idée derrière Bomoki est aussi de proposer du papier peint très qualitatif au mètre carré pour que le client puisse calculer au plus juste la quantité dont il a besoin. C’est une manière de s’adapter à cette nouvelle utilisation du papier peint, c’est-à dire sur de plus petites surfaces. On a également lancé une petite gamme d’accessoires avec l’idée de faire des collections capsules : des coussins, un petit sac en tissu pour transporter les affaires des enfants, un tour de lit et une gigoteuse. L’éthique est essentielle pour nous. Nos produits sont 100% made in France, on collabore avec des partenaires locaux pour la production, on privilégie les circuits courts… On songe aussi à développer des graphismes spécifiques pour des clients, particuliers comme entreprises. Aujourd’hui, il y a dix gammes de motifs qui portent le nom de villes ou villages de la forêt de Fontainebleau. Derrière chaque motif, il y a une histoire, une anecdote, la spécificité d’un lieu.

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DANS UN AN Quand on a goûté la vie d’indépendant et que ça fonctionne bien, c’est compliqué de faire machine arrière. Je ne me vois pas retourner dans un bureau, sans avoir le temps d’aller récupérer mon fils à l’école, ou d’être obligée de poser une journée pour le faire. Dans un an, Je pense qu’on sera toujours là (près de Fontainebleau, ndlr), qu’on aura acquis de la notoriété, peut-être ouvert un pop-up store dans Paris, fait des événements, investi dans des salons, même si c’est un gros budget… Mais un an, dans la vie d’une marque, c’est très court. Pourquoi pas, d’ici deux/trois ans, ouvrir une boutique en propre ? Ce qui est génial dans ce projet, c’est qu’il n’y a aucune limite à la créativité. On réfléchit aussi à un autre projet – mais c’est top secret pour l’instant !

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